Environnement

Mardi 22 janvier 2008 2 22 /01 /Jan /2008 20:04
Thon-rouge.jpg Pour une fois que la grande distribution prend une décision courageuse et motivée par la sauvegarde d'une espèce menacée, cela valait la peine de le signaler, d'autant plus qu'il s'agit de poisson !!! Trois jours après Noël, le distributeur Auchan a en effet annoncé qu'il avait arrêté de commercialiser le thon rouge dans ses hypermarchés français. "En raison des graves menaces de disparition qui pèsent sur le thon rouge, Auchan a pris la décision d'arrêter toute commercialisation de ce poisson... jusqu'à l'éventuelle mise en place d'une pêche durable ne menaçant pas la survie de l'espèce".
Les Etats-Unis, soutenus par le Canada, ont proposé d’imposer un moratoire mondial temporaire sur la pêche au thon rouge afin de permettre la reconstitution des stocks, mais les délégués de la CICTA (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique) ont rejeté cette proposition le 19 novembre 2007. Il faut dire que les enjeux économiques sont importants :
un poisson pêché en eaux libres peut se vendre jusqu’à 100 dollars sur les marchés japonais !
La situation est particulièrement préoccupante en Méditerranée : j'ai vu récemment un reportage édifiant montrant toute la technologie que les hommes sont capables de mettre en place pour aller au bout de leur bêtise : des avions survolent les zones de pêche pour repérer les bancs de thon, qui n'ont aucune chance d'échapper ensuite aux gigantesques filets déployés par les chalutiers.
Cela fait déjà plusieurs années que les scientifiques alertent la communauté internationale pour que les prises ne dépassent pas 15 000 tonnes en Méditerranée. Malgré ces recommandations, la CICTA a fixé un quota de pêche de 29 500 tonnes pour l'année 2008 !
La disparition du thon rouge de Méditerrannée (lire le dossier très complet réalisé par Greenpeace et intitulé "Mais où est donc passé le thon rouge de Méditerranée ?")se traduirait notamment par un appauvrissement de l'écosystème et un risque de prolifération de certaines espéces. Elle pousserait aussi les flottes de pêches à se rabattre sur l'exploitation d'autres espéces situées en bas de la chaîne alimentaire.
Chacun d'entre nous peut, à son niveau, lutter pour la sauvegarde de cette espèce : il suffit notamment, si vous déjeunez dans un restautant japonais, de boycotter systématiquement les sushis au thon rouge !
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Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /Mai /2007 10:40
Je vous avais déjà fait part de mon coup de gueule concernant cette horrible pratique du "finning" (en anglais, "fin" veut dire "aileron") qui consiste à pêcher un requin, à lui retirer les ailerons (pour la fameuse soupe réclamée par de nombreux asiatiques) et à le rejeter à la mer, le vouant à une mort certaine. Le numéro d'avril du National Geographic (édition française), un spécial "océans", n'a fait que renforcer ma détermination à boycotter, sous quelque forme que ce soit, le requin qui ne soit pas vivant, j'entends par là ne pas acheter de "souvenirs" du type dents de requins, et surtout ne pas en consommer. Or j'ai découvert dans un article intitulé "Requiem pour les requins" (toujours dans ce même numéro du National Geographic) qu'on nous fait manger du requin à notre insu !!! Ainsi, le requin-taupe, parmi les espèces les plus menacées, est commercialisé en tranches sous le nom de "veau de mer". Quant à la petite roussette, l'émissole ou l'aiguillat (espèce en danger d'extinction), ils sont vendus sous le nom de saumonette : j'ai moi-même fait le test récemment chez un poissonnier, qui a commencé par me dire en hésitant que la saumonette était une sorte de thon, et quand je lui ai demandé s'il ne s'agissait pas plutôt d'un requin, il a fini par approuver : "ah oui, en effet, ça a une forme de requin".
Outre le boycott systématique du requin dans nos assiettes, il est également possible de soutenir des associations, de signer des pétitions :
  • Sur le site "savingsharks", vous pouvez apporter votre soutien à cette cause et voir ce que vous pouvez faire concrètement pour contribuer à sauver les requins. A voir également, le site de "sharkwater", un documentaire qui a été primé dans de nombreux festivals.
  • Sur le site de la fondation de l'île Coco, qui dépend du Costa Rica et qui possède une faune sous-marine extraordinaire, avec notamment de nombreuses espèces de requins. Le parc de l'île Coco est inscrit sur la liste des sites naturels de l'Unesco depuis 1997 : découvrez la vidéo sur la page d'accueil du site, les images sont superbes (encore une destination qui figure sur ma liste...)
  • Le site de l'ONG "Shark trust", qui se consacre à l'étude et à la protection des requins et raies.
  • Un site pour la sauvegarde des tortues marines, mais qui a également une rubrique sur les requins.
Et puis, la meilleure façon de contribuer à sauver les requins, c'est de plonger avec eux : plus le tourisme généré par les requins rapportera de l'argent aux pays dans lesquels vous irez, plus ces pays  seront sensibilisés à l'intérêt de les sauvegarder !

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Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /Fév /2007 01:00
J'ai eu la chance de pouvoir plonger en Afrique du Sud, et c'est à cette occasion que j'ai découvert - même si je ne l'ai pas vécu en direct car ce n'était pas la bonne période - un événement aquatique qui se répète chaque année à la même période depuis la nuit des temps : le "sardine run" (la course des sardines). J'avais envie de vous faire découvrir ce feuilleton dans lequel les protagonistes n'en finissent pas de jouer le même scénario, mais quel scénario !
Afrique du Sud, le Cap : chaque année, à partir de juin, les sardines migrent vers le nord jusqu'à former des bancs gigantesques, pouvant atteindre 30 kilomètres de longueur, 400 mètres de large et sur 50 mètres de profondeur. Pendant leur périple, on assiste à un spectacle inouï d'une masse sombre qui, telle un fantôme sous-marin, longe les côtes, portée par les courants froids.
Ces millions de sardines nourrissent 350 000 fous du Cap, plus de 25 000 dauphins, plusieurs dizaines de milliers de requins cuivres, des centaines de milliers d’autres poissons prédateurs et des milliers de petits pêcheurs. Puis, quand les courants froids se heurtent à des courants chauds, le fantôme - ou ce qu'il en reste - fait demi-tour et repart vers le sud. Les survivantes retrouvent le Cap en novembre. Pourquoi une telle migration ? Pour rien de spécifique autant que l'on puisse le savoir à ce jour - ni pour se nourrir, ni pour se reproduire -, c'est l'un des mystères de dame nature.

Jacques Perrin a eu l'occasion de filmer ce moment unique (il parcourt depuis deux ans toutes les mers du globe pour réaliser une fresque-fleuve,
Océans, qui sortira en 2008 après quatre années de tournage). Dans une interview parue dans l'Express du 20 décembre 2006, il témoigne  : "Comme un vol de passereaux, ces myriades de poissons réagissent à la même seconde, mus par une pensée collective. Pareils à une légion romaine. Mais ce ballet constitue une proie facile, une aubaine pour des milliers de prédateurs - dauphins, requins, baleines à bosse, fous du Cap, etc. - qui les suivent et se servent, comme au restaurant. Malgré ces énormes prélèvements, des sardines passent. Ainsi, chaque espèce a déployé, depuis des millions d'années, des stratégies complexes pour affronter l'épreuve de la vie. Et on laisserait disparaître tout ça sans même avoir eu le temps de l'observer?"
J'ai eu l'occasion déjà de voir de très beaux reportages sur cette migration, et j'imagine les plongeurs avec leurs caméras au milieu de ce gigantesque "festin"...

Retrouvez l'intégralité du dossier de l'Express spécial "Urgence écologique"
Pour en savoir plus sur le sardine run, une très belle page (en anglais) qui décrit précisément le phénomène et donne notamment la liste détaillée des invités du festin.
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Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /Jan /2007 16:24
Je viens de voir sur Arte un reportage de la série "360° - Géo" sur les requins qui m'a bouleversée. Même si j'étais déjà au courant de la disparition progressive de ce pélagique situé au sommet de la chaîne alimentaire sous-marine, les images tournées par Dominique Hennequin et Pascal Lorent montrent bien le principal responsable de cette catastrophe écologique : la pêche industrielle mondiale. Et tout ça pour quoi ???? Pour donner à "déguster" les ailerons des requins qui sont devenus l'un des mets les plus recherchés dans les restaurants asiatiques (50 % des ailerons de requins pêchés dans le monde sont consommés dans la ville de Hong Kong !!!). Les conditions de cette pêche sont particulièrement horribles (photo ci-contre) : le requin n'intéresse que pour ses ailerons, donc les chalutiers le capturent, lui sectionnent les ailerons (l'animal est vivant !!!) et le rejettent ensuite à la mer où il ne lui reste plus qu'à mourir...
Intitulé "L'homme qui aimait les requins", ce reportage est l'occasion d'aller à la rencontre de
Yves Lefèvre, plongeur passionné et créateur du Raie Manta Club de Rangiroa. Par son combat, il a notamment contribué à interdire la pêche des requins de Polynésie pour leurs ailerons.
Alors si, comme moi, cette situation vous révolte, commencez par suivre la charte internationale du plongeur responsable : n'achetez jamais de souvenirs tels que les dents de requins, et boycottez systématiquement les restaurants qui servent de la soupe d'ailerons de requins. Ensuite, apprenez à connaître ces très beaux animaux (sur internet et grâce à de très beaux ouvrages) et faites passer le message autour de vous : il y a chaque année en France plusieurs milliers de victimes des accidents de la route, et moins d'une trentaine de victimes des requins dans le monde... alors que plus de 200 millions de requins sont tués chaque année dans des conditions horribles ! Bon, j'ai un peu l'impression de faire ma Brigitte Bardot avec ce discours, mais tout un écosystème extrêmement fragile repose sur la préservation des requins.

Liens
Pour en savoir plus sur ce très beau reportage de Géo, découvrez le récit du tournage par Dominique Hennequin. Rediffusé sur Arte le 9 janvier à 8h50 et le 13 janvier à 14h55 (sur la TNT).
Pour en savoir plus sur la plongée à Rangiroa et à Rurutu. Encore une destination à programmer dans les prochains mois...
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Lundi 4 décembre 2006 1 04 /12 /Déc /2006 21:01
Enchevêtrement dans les filets de pêche, marées noires, sur-pêche, chasse délibérée, nuisances acoustiques.... Les menaces envers les dauphins ne cessent d'augmenter.
Pour aider à mettre un terme à ce processus, le Programme des Nations unies pour l'environnement/Convention sur les espèces migratrices (PNUE/CMS), en partenariat avec la Société pour la conservation des baleines et des dauphins (WDCS) et le groupe touristique TUI ont décrété que 2007 sera l'année du Dauphin.
Cette campagne impliquera des gouvernements, des ONG et le secteur privé à l'échelle mondiale pour souligner la nécessité de protéger cet animal rendu célèbre par la série "Flipper".
J'ai eu l'occasion à plusieurs reprise de croiser ces magnifiques animaux à l'occasion de mes voyages de plongée : en Mer Rouge, où les capitaines n'hésitent pas à changer de route pour se rapprocher des bandes de dauphins aperçus au loin ; en Afrique du sud, où j'ai eu l'occasion de me mettre à l'eau et de nager à côté d'eux en PMT ; et plus récemment, au Belize, de loin.
A la fois sauvages mais étonnament familiers, ce sont eux qui choisissent ou non de venir jouer avec vous. Ils peuvent également être de redoutables prédateurs, que ce soit lors d'événements annuels tel que le "sardine run" en Afrique du sud (tous les ans, la migration des sardines donne lieu à un véritable festin ordonnancé par les dauphins) ou pour défendre leur progéniture face à des requins notamment. Seuls les orques peuvent se vanter de pouvoir leur donner du fil à retordre !

Site officiel de l'année du dauphin
Site du
Whale and Dolphin Conservation Society
Pour tout savoir sur les dauphins, retrouvez-les sur Wikipédia
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Samedi 14 octobre 2006 6 14 /10 /Oct /2006 21:55
Un jour, j'irai plonger à Malpelo, l'un des sites de plongée les plus remarquables du monde de par la diversité des espèces présentes, des tombants vertigineux...
Située à 500 km des côtes colombiennes,
l'île de Malpelo constitue le centre d'un vaste parc marin qui est la plus grande zone où la pêche est interdite dans le Pacifique tropical oriental.
Ces eaux profondes abritent de larges populations de grands prédateurs et d'espèces pélagiques (on peut y admirer des bancs de plus de 200 requins-marteaux et de plus de 1000 requins soyeux, requins-baleines et thons) qui, dans ce milieu non perturbé, conservent des comportements naturels.
Requins, mérous géants et voiliers (le poisson le plus rapide du monde, qui peut aller jusqu'à 110 km/h ! et qui doit son nom à sa nageoire en forme de voile sur son dos - photo ci-contre à gauche), et c'est l'un des rares sites au monde où a été confirmée la présence de l'odontaspie féroce, un requin des profondeurs (2è photo ci-contre à droite).

Parmi les plus de 800 sites inscrits à ce jour au patrimoine mondial de l'humanité, la majorité concerne des sites à caractère culturel, et Malpelo fait désormais partie (depuis cet été) des sites naturels protégés, ce qui devrait contribuer à le préserver.

Ardente défenseur de ce patrimoine depuis de nombreuses années, biologiste franco-colombienne Sandra Bessudo a créé en 2000 la « Fondation Malpelo » afin de protéger et de surveiller la réserve  et de financer des recherches sur les requins. Elle a risqué sa vie plusieurs fois en luttant contre les flottilles de pêche et autres braconniers qui viennent braver les autorités.
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Jeudi 13 juillet 2006 4 13 /07 /Juil /2006 18:56
Depuis le 12 avril 2006, l’inscription des requins en espèce protégée et l'interdiction de la pêche des requins pour leurs ailerons ont été adoptées par le conseil de ministre du gouvernement polynésien. Sans aucun doute, les 40.000 signataires de la pétition lancée par Longitude 181 Nature ont pesé lourd dans cette décision.

Voici la formulation exacte de la décision prise par le gouvernement polynésien :

" Inscription des requins sur la liste des espèces protégées
Le Conseil des Ministres du mercredi 12 avril 2006 a décidé que la pratique du « shark finning » sera interdite dans toute la Polynésie française et que la pratique du « shark feeding » sera également interdite dans tous les lagons, les passes et dans un rayon de 1 kilomètre centré sur l’axe de la passe.
Les requins font partie du patrimoine naturel de la Polynésie française. L’exploitation des requins concerne principalement :
1. les pêcheurs qui chaque année pêchent 300 tonnes de requins, notamment pour l’exploitation des ailerons. Cette pratique, qui concerne toutes les espèces de requins, consiste à amputer les ailerons de requins et à rejeter entièrement les restes de l’animal en mer : « shark finning ».
2. les clubs de plongée qui développent la pratique du « shark feeding », activité qui permet l’observation des requins préalablement attirés par le biais de nourriture.
Des conflits d’intérêts sont apparus entre pêcheurs et club de plongée dans des zones traditionnellement utilisées pour la pêche, notamment dans les passes et dans les lagons.
Le Gouvernement estime qu’il devient urgent d’interdire cette pratique et d’aller au-delà en protégeant les requins pour consolider notre ressource touristique. En complément à cette action, une étude sur le stock de requins en Polynésie sera lancée en 2006. Dans l’attente des résultats attendus en 2008, la pratique du « shark finning » sera donc interdite dans toute la Polynésie française et la pratique du « shark feeding » sera également interdite dans tous les lagons, les passes et dans un rayon de 1 kilomètre centré sur l’axe de la passe. Par ailleurs, le commerce et la détention de tout ou partie de requin y compris monté en article de bijouterie seront interdits sauf pour les requins Mako (Isurus Okyrubus). Des mesures transitoires sont prévues pour la détention d’articles concernés. "

Si vous voulez également participer, à votre niveau, à la sauvegarde des requins (espèce menacée), suivez les 2 conseils de la charte internationale du plongeur responsable :

• N'achetez pas de souvenirs arrachés à la mer comme les dents de requin
• Boycottez les restaurants qui servent de la soupe d'ailerons de requin

Retrouvez toutes les infos concernant ce dossier sur le site de Longitude 181 Nature

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